8-10 février 2006 : 9e conférence interdisciplinaire organisée par l’Association des étudiants diplômés de l’Université d’Ottawa. Si vous voulez y présenter votre recherche, envoyez votre résumé à Julia Morris d’ici le 1er décembre 2005.
Desabrais, Tina, « Les réceptions franco-ontarienne et québécoise de Le Chien, Il n’y a que l’amour et Un vent se lève qui éparpille de Jean-Marc Dalpé ».
Thèse de maîtrise dirigée par Robert Yergeau, soutenue le 30 août 2005.
Même s’il vit au Québec depuis plusieurs années, Jean Marc Dalpé continue de jouir d’une grande réputation en tant qu’écrivain franco-ontarien. Comme poète, dramaturge et romancier, il a, dans une langue crue et drue, imposé des univers où la vie est présentée sans fard. Trois livres se démarquent de l’ensemble de son œuvre, parce qu’ils ont obtenu la plus haute distinction littéraire au Canada, le prix du Gouverneur général : la pièce Le Chien en 1988, le recueil de pièces Il n’y a que l’amour en 1999, ainsi que le roman Un vent se lève qui éparpille en 2000.
Dans cette thèse, nous nous proposons d’étudier les réceptions critiques franco-ontarienne et québécoise de ces trois livres primés de Dalpé. Il importera avant tout d’examiner les articles parus avant l’obtention du prix du Gouverneur général et ceux parus dans la foulée du prix. Ce faisant, notre ambition est double : d’une part, mettre en relief les points de convergence et de divergence des discours critiques des champs littéraires franco-ontarien et québécois; d’autre part, voir si le prestige institutionnel lié au prix du Gouverneur général a modifié ces réceptions. De manière concomitante, nous serons à même d’évaluer comment intervient — si tel est le cas — la double appartenance de Jean Marc Dalpé qui vit au Québec, mais qui est toujours demeuré fidèle aux Éditions Prise de parole de Sudbury.
Ainsi, nous tenterons de cerner les enjeux à l’œuvre dans les champs franco-ontariens et québécois à l’aune de la double réception critique des trois œuvres de Jean Marc Dalpé.
Gaboury, Nicole, « Le fil de soi suivi d’une Réflexion sur la pratique de l’essai ».
Thèse de maîtrise dirigée par Marcel Olscamp, soutenue le 29 juillet 2005.
Cette thèse en création littéraire contient, en première partie, un recueil d’essais, Le fil de soi, et, en deuxième partie, une réflexion sur la pratique de l’essai.
Dans Le fil de soi, j’ai été inspirée par des souvenirs, saisis çà et là sur le parcours de mon existence pour mieux déceler les valeurs premières qui me portent et qui, de façon oblique, jettent une lueur sur la société où je vis. Les textes des différentes parties du recueil, « Trois coups de gueule », « De la compassion à la solidarité » et « Une passion apprivoisée », sont inspirés par des expériences marquantes de ma vie. Ces écrits semblent liés par un fil qui se dévoile peu à peu dans l’écriture.
Dans la deuxième partie, une réflexion sur la pratique de l’essai me permet de mettre en lumière les notions qui ont présidé à la rédaction de mon recueil. Je discute d’abord de la suggestion selon laquelle l’essayiste se laisse hanter par des idées (selon la formule d’André Belleau). Ensuite, je vois comment la plupart des critiques s’accordent pour dire que l’essai doit être conçu à partir de l’expérience de vie. En dernier lieu, j’aborde l’essai comme une écriture qui permet au je d’entendre sa propre voix. Chaque fois, j’expose ma compréhension de ces éléments à partir de ma pratique de l’essai dans Le fil de soi.
Hamel, Yan, « Sartre et l’Amérique : romans, essais, théâtre ».
Stage de recherche postdoctoral (2005-2007) dirigé par Rainier Grutman.
Yan Hamel a soutenu en juin 2005 au Département d’études françaises de l’Université de Montréal une thèse de doctorat intitulée Mémoires et déchirements : la représentation de la Seconde Guerre mondiale dans le roman français (1945-2001).
Les études réalisées au cours de ce stage de recherche sont consacrées à analyser l’imaginaire sartrien de l’Amérique du point de vue de la sociocritique afin d’en appréhender la signification socio-idéologique et politique, à la fois dans l’économie de l’œuvre et dans le contexte social au sein duquel cette œuvre prend une place centrale. Puisque le rapport de Sartre aux États-Unis s’est modifié ― et simplifié ― après les débuts de la guerre froide, l’analyse porte essentiel-lement sur les œuvres littéraires et les articles qui se situent dans la période de sa carrière où il a écrit des romans, c’est-à-dire celle qui va du début des années 30 (où il entreprend Melancholia qui deviendra La Nausée en 1938) jusqu’à la parution de La Mort dans l’âme (1949). Sont prises en compte les références aux États-Unis sous toutes leurs formes et dans tous les endroits où elles se trouvent au sein de cette production particulièrement diversifiée et prolifique. Plus précisément, je m’intéresse à la théorie du roman que le premier Sartre élabore dans des articles de critique littéraire consacrés à John Dos Passos et à William Faulkner; aux représentations fortement idéalisées de ces deux romanciers, ainsi que de John Steinbeck, Ernest Hemingway et Richard Wright, qui servent d’exemplum positif dans la dernière partie de Qu’est-ce que la littérature?; aux techniques narratives employées dans La Nausée, Le Mur et Les Chemins de la liberté, qui ont été reprises des romanciers américains, mais réadaptées en fonction d’un projet littéraire foncièrement différent du leur; aux descriptions complexes et ambivalentes des États-Unis qui sont données dans de nombreuses œuvres, notamment dans Situations III, La Putain respectueuse et La Mort dans l’âme; aux références à la culture américaine, tout particulièrement au cinéma et au jazz, qui sont omniprésentes dans pratiquement tous les écrits de Sartre; enfin à l’influence que cet engouement du philosophe existentialiste pour l’Amérique et sa culture a exercée sur les romanciers de la génération suivante tels que Marguerite Duras, Claude Simon et Michel Butor.
Tardif, Véronic, « Le hockey dans l’imaginaire romanesque de Roch Carrier et de Jacques Poulin ».
Thèse de maîtrise dirigée par Robert Yergeau, soutenue le 29 août 2005.
Depuis la fondation du club de hockey des Canadiens de Montréal au début du XXe siècle, les Québécois se sont identifiés à cette équipe et plus particulièrement, au fil des époques, à certains joueurs, au premier rang desquels Maurice Richard, qui a atteint le statut de héros.
Le hockey faisant partie de l’identité socioculturelle du Québec, je me suis intéressée à la place qu’il occupe dans la littérature québécoise. Pour ce faire, j’ai choisi la perspective de l’imaginaire, défini notamment comme la manifestation d’un inconscient collectif d’où sont tirées des images servant de fondement à la création artistique. Ces images véhiculent ainsi des références culturelles propres à un peuple.
Le choix de Roch Carrier et de Jacques Poulin s’est imposé pour un certain nombre de raisons, la première étant, évidemment, la présence récurrente du hockey dans leurs romans publiés depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui.
La thèse met donc en relief les manières plurivoques de ces deux écrivains d’utiliser le hockey comme moteur de l’imaginaire dans leurs romans.