Codaire, Émilie, « Le lyrisme dans la poésie de Pierre Morency ».
Thèse de maîtrise dirigée par Robert Yergeau, soutenue le 22 mars 2006.
Notre thèse consiste à étudier les caractéristiques du lyrisme contemporain dans les cinq premiers recueils de poèmes de Pierre Morency : Poèmes de la froide merveille de vivre (1967), Poèmes de la vie déliée (1968), Au nord constamment de l’amour (1970), Lieu de naissance (1973) et Torrentiel (1978). Ces œuvres forment un bloc d’environ dix ans d’écriture poétique et se définissent par un lyrisme plus marqué, par comparaison avec la production poétique de Pierre Morency après 1978. Dans un premier temps, nous définissons la spécificité du lyrisme contemporain en France et au Québec. Ensuite, nous analysons les manifestations du lyrisme dans les cinq recueils du poète. Cette étude nous permet de saisir l’originalité de la voix lyrique de Pierre Morency ainsi que son évolution d’un recueil à l’autre. Notre thèse apporte ainsi un éclairage nouveau sur une œuvre — à tout le moins, sur une partie de celle-ci, la plus significative, selon nous — peu étudiée.
Martel, Kareen, « L’intratextualité dans Les yeux bleus de Mistassini de Jacques Poulin ».
Thèse de maîtrise dirigée par Lucie Hotte, soutenue le 23 janvier 2006.
Le narrateur du roman Les yeux bleus de Mistassini, écrit par le romancier québécois Jacques Poulin, incite le lecteur à adopter un mode de lecture particulier : « La fille avait une longue expérience en tant que lectrice de romans et elle possédait une qualité rare : elle pouvait établir une multitude de rapports non seulement entre les livres d’un même auteur, mais aussi entre ceux d’auteurs différents » (Leméac, 2002, p. 40). C’est précisément cette lecture qui établit des ponts entre les romans de Jacques Poulin qu’analyse la présente thèse. Je désigne par le terme intratextextualité cette intertextualité particulière qui se produit entre les œuvres d’un même auteur. L’objectif de la présente étude est donc, dans un premier temps, de combler certaines lacunes dans la théorie de l’intratextualité et ensuite, d’analyser l’intratextualité telle qu’elle se manifeste dans les romans pouliniens. L’approche critique adoptée dans cette thèse relève des théories de la réception. Ainsi, j’aborde à la fois les signes textuels sur lesquels prend appui la lecture intratextuelle chez Poulin et ses effets de lecture, que ce soit sur le plan intellectuel ou sur le plan affectif. Puisque l’auteur compte dix romans à son actif, l’étude du dernier d’entre eux à ce jour, Les yeux bleus de Mistassini (2002), est privilégiée puisque c’est celui qui offre la dimension intratextuelle la plus significative.
Moquin, Luc, « Boris Vian au cabaret : Boris Vian au théâtre ».
Thèse de maîtrise dirigée par Dominique Lafon, soutenue le 10 janvier 2006.
La critique s’est peu intéressée à l’œuvre dramaturgique de Vian, sans doute en raison de son insuccès. Si notre analyse a privilégié la dimension comique de cette production, c’est qu’elle permettait de comparer les sketchs que Vian écrivit pour le cabaret aux pièces plus élaborées et ainsi de mesurer les conditions de réception de l’œuvre. Il nous est apparu que le comique scénique reposait sur une série de clichés et de jeux de langage qui, plus que la fable ou la structure scénique, constituent la manière d’un auteur dont la matière première est l’actualité. Ayant mis au jour le rapport qui lie étroitement l’œuvre à son contexte, nous avons voulu montrer comment, dans cette dramaturgie, l’action cède le pas au commentaire implicite d’un auteur, qui s’érige ainsi lui-même en personnage pour occuper une position discursive qui favorise l’adresse directe au spectateur. Des sketchs aux pièces, une même facture s’impose mais impose aussi à l’œuvre les limites d’une existence.
Plante, Marie-Aude, « La femme rudérale suivi d’une réflexion sur le carnet littéraire ».
Thèse de maîtrise dirigée par Marcel Olscamp, soutenue le 10 avril 2006.
La première partie de la thèse est constituée d’un carnet littéraire intitulé La femme rudérale, qui présente des pensées, des réflexions, des anecdotes, des morceaux de poésie, sous forme de fragments composés au gré des jours et des semaines, sans ordre préétabli. L’objectif est d’étudier, par le biais d’une expérience concrète et réelle, les tenants et aboutissants du carnet, tant comme outil de travail de l’écrivain que comme objet littéraire en soi. J’ai ensuite procédé à un travail de regroupement des fragments en différentes sections, signe d’un désir d’organisation du carnet sous-jacent au processus de rédaction aléatoire.
La seconde partie comporte deux grands chapitres. Le premier dresse une synthèse de la situation du carnet dans le champ des études littéraires : il y est question de l’apport du carnet à la critique génétique et de la place du carnet dans les études génériques. J’aborderai aussi les notions de fragmentation, d’hybridité générique, de formes brèves, d’instantané, tout en réfléchissant sur le caractère transitoire et paradoxal de la pratique du carnet à partir d’un corpus québécois. Le second chapitre comprend une réflexion de type introspectif sur mon expérience de création et répond à quelques questions laissées en suspens dans le chapitre précédent.
Poirier, Jacques, « Fragments d'autobiographies suivi de Poétique de l'intranquillité. Écrire en compagnie de Pessoa ».
Thèse de maîtrise dirigée par Robert Yergeau, soutenue le 9 février 2006.
La première partie de cette thèse en création littéraire propose un recueil de poèmes, Fragments d’autobiographies, dont certains « empruntent » des vers au poète portugais Fernando Pessoa et à ses hétéronymes. Sa présence se manifeste de trois façons : des emprunts tels quels, des emprunts parfois modifiés et des allusions. Cette intertextualité explicite et implicite m’a permis d’agrandir la perspective de mon écriture poétique. Après trois recueils de poèmes publiés, il m’a semblé qu’une thèse en création littéraire était le lieu le plus propice à ce type de création expérimentale.
La deuxième partie offre une réflexion sur l’influence protéiforme de l’emprunt dans le processus de création littéraire. Dans le premier chapitre, je mets en relief les théories d’Annick Bouillaguet sur l’emprunt et d’Ysabelle Martineau sur le plagiat, ainsi que les expériences d’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) au sujet de l’écriture sous contraintes. Suit un chapitre où je présente Fernando Pessoa et ses trois principaux hétéronymes : Alvaro de Campos, Alberto Caiero et Ricardo Reis, tout en précisant pourquoi je me suis intéressé à ce poète portugais. Dans le dernier chapitre, j’analyse les différents types d’emprunts que j’ai utilisés pour mieux comprendre comment l’intertextualité a influencé mon processus d’écriture.
Je conclus en indiquant comment ce travail sur la poésie — celle de Pessoa et la mienne — m’a amené à changer mes habitudes de lecture ainsi que ma façon de concevoir l’écriture.