Caumartin, Anne, « Le discours culturel des essayistes québécois (1960-2000) ».
Thèse de doctorat dirigée par Robert Major, soutenue le 24 août 2006.
Depuis une vingtaine d’années au Québec, la culture est régulièrement convoquée pour répondre à la perpétuelle interrogation des discours sur l’identité. Selon la fortune qu’on accorde au peuple québécois, l’idée qu’on se fait de la culture québécoise (son état, son parcours) est à l’avenant, servant le plus souvent de caution argumentative.
Dans le but de déceler comment, progressivement, la culture contemporaine au Québec (1960-2000) s’est donnée à penser, comment et à partir de quelles situations on a articulé un discours sur des idéaux et des actions culturels qui, ultimement, permettent d’imaginer une communauté, cette thèse propose de retracer comment la culture québécoise a été vue par ses témoins privilégiés que sont les essayistes. Le discours objectalisant propre à l’essai et sa fonction argumentative permettent d’examiner quelles logiques instituent dans le champ culturel des conditions de changement. L’hypothèse avancée est que, depuis la Révolution tranquille, se distinguent trois moments de la pensée essayistique qui peuvent expliquer l’évolution de l’idée de culture au Québec. La seconde hypothèse, qui supporte la première, est que se repèrent dans les modes d’argumentation mêmes de ces familles d’essayistes les indices de visions du monde distinctes (au sens goldmanien).
Pour ce faire, la rhétorique de sept essayistes marquants est étudiée dans une perspective générationnelle :
Legault, Céline, « 40 ans sur la route : l'évolution de la représentation de la femme dans le roman de la route au Québec de 1964 à 2004 ».
Thèse de maîtrise dirigée par Lucie Joubert, soutenue le 30 août 2006.
Lorsque l’on parle des romans de la route, l’exemple canonique qui vient à l’esprit est certainement On the Road de Jack Kerouac, le roman culte de la génération beatnik publié en 1957. Au Québec, les origines canadiennes-françaises de Jack Kerouac lui ont assuré une grande popularité et plusieurs auteurs québécois ont repris le genre road novel.
Une lecture au féminin des romans de la route québécois permet de constater que ces récits sont très masculins, puisqu’ils sont (en majorité) écrits par des hommes, et que les personnages principaux sont aussi presque exclusivement des hommes. Or, les personnages féminins sont tout de même présents et significatifs dans ce genre de récit. Le présent travail étudie le rôle et la représentation de ces personnages féminins sur la route pendant une période de quarante ans.
Plusieurs ouvrages traitant de la lecture au féminin ont été utilisés pour les recherches effectuées. Les travaux de Lori Saint-Martin et de Michèle Coquillat, entre autres, ont éclairé nos réflexions sur la représentation du personnage féminin, et d’autres ouvrages comme celui de Susan Sniader Lanser ont contribué aux analyses en ce qui concerne la voix narrative.
De plus, la coupe des chapitres permet de cibler certaines tendances dans la représentation de la femme, selon la date à laquelle un roman a été publié. Cette chronologie met en lumière, donc, une certaine évolution du rôle joué par les femmes dans les narrations masculines.
Rodrigue, Vicki-Anne, « Pour une représentation de la figure paternelle dans Le Chien, Eddy et Un vent se lève qui éparpille de Jean Marc Dalpé ».
Thèse de maîtrise dirigée par Lucie Joubert, soutenue le 15 septembre 2006.
Jean Marc Dalpé, une des plus importantes plumes de l’institution littéraire franco-ontarienne, accorde dans ses œuvres une place prépondérante à la figure du père. Le Chien, Eddy et Un vent se lève qui éparpille, tout particulièrement, présentent la figure paternelle dans toute sa complexité et dans les multiples aspects de sa relation avec sa progéniture. Nous avons donc cherché à étudier les réactions et les motivations conscientes et inconscientes des personnages, tant des pères en présence que des enfants qui gravitent autour d’eux. Nous avons tenté une analyse des personnages en fonction de leur développement psychosexuel, guidée par les théories de Freud; l’étude de quelques formes archétypales, empruntées à Jung, nous a permis ensuite de cerner certains complexes (paternel, maternel, d’infériorité) manifestés par les personnages; les recherches d’Anna Freud nous ont incité à nous attarder en outre aux mécanismes de défense auxquels ont recours les personnages. Enfin, les avancées d’Elizabeth Wright, en matière de psychanalyse des personnages, ont permis d’étoffer cette étude de la figure paternelle.